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mardi 12 juillet 2016

LA TORTUE ROUGE : un film sublime et merveilleux, malgré tout ennuyeux

La Tortue rouge : PhotoDe quoi ça parle ? : À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, La Tortue rouge raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain.

Mais il est bien le film ? : Une étrange déception ! Une impression confuse ! Nul doute que La Tortue rouge va me troubler encore un certain temps ! En effet, Michael Dudok de Wit signe un film déconcertant, aussi beau que vide, qu'on ne peut aimer sans lui reconnaître de gros défauts. Le film se veut d'abord la preuve que l'animation japonaise et celle européenne peuvent collaborer et faire des étincelles. Le film est parsemé de jeux de couleur assez somptueux : le noir et blanc nocturne s'avère aussi glacial que chaud, de manière assez paradoxale. L'île, quant à elle, renferme des couleurs magnifiques, sublimement utilisées et nuancées. Le film n'est ni trop synthétique (comme les films Disney ou Dreamworks), peu adapté à la 3D mais se révèle assez artisanal mais d'une beauté incontestable. Les traits sont fins, simples, fabuleux. L'animation est exempte de tout artifice, de tout ajout. Le dessin se veut réaliste mais encore enfantin, comme si la maturité de l'auteur affrontait l'âme d'enfant d'un artiste. Dudok de Wit signe un film renversant, avec des plans vertigineux, merveilleux et sublimes. Cette île renferme de beaux trésors, rendus splendides par la qualité de l'animation, le choix des détails. L'île possède une vraie âme, aussi vivante que dangereuse. La scène du tsunami s'avère terrifiante, par ses ravages mais aussi parce qu'elle prend par surprise les héros, habitués à une vie sereine et sans événement. 
La Tortue rouge : Photo
Le film est aussi superbe quand il étudie la vie. Le réalisateur regarde avec beaucoup de tendresse le passage de flambeau du héros à son fils. On voit, en à peine 80 minutes, une grande partie de la vie du héros, presque insignifiante, peu mouvementée, mais où Dudok de Wit capte l'essentiel : la vie familiale, pure et fusionnelle. Ces trois êtres qui vivent isolés sur cette île, on les voit évoluer, grandir. Les éclats de rire de l'enfant, les étreintes des parents, la découverte de l'enfant. Tout est majestueusement montré, avec finesse et beauté. Le film n'est pas dénué d'humour avec une mention spéciale pour les crabes, amusants et vrais outils de rythme du film. Néanmoins, l'animation ne fait pas tout. Certes, le film possède la splendeur propre aux studios Ghibli et à l'animation japonaise en général, avec une touche française qui se synchronise bien. Mais on ne peut s'empêcher, en dépit de l'émerveillement et de la poésie du film, de s'ennuyer, de regarder sa montre, de se demander où va le film, s'il a des messages à faire passer. Le discours écologique est évoqué de manière survolée, pas vraiment insistant ni même présent. Au début du film, on croit avoir à faire à une énième version de Robinson Crusoé (le héros s'échoue, forge des radeaux, cherche à manger, à survivre) pas vraiment stimulante ni passionnante, car vue des centaines de fois, en mieux. 
La Tortue rouge : Photo
Au pire, le réalisateur aurait du passer sur cette partie un peu plus vite en faisant une liste plus dynamique des épreuves endurées par le héros. 40 minutes c'est long et c'est ce qu'il faut pour enfin découvrir cette fameuse tortue rouge, personnage fantastique mystérieux et élégant. Le film peut s'avérer intéressant quand il s'attaque à la folie du héros seul sur sa plage (qui entend et voit des grands musiciens) et à ses hallucinations mais le film pèche indéniablement par son scénario : il ne se passe presque rien. De plus, les personnages ne parlent pas, rendant le film encore plus contemplatif et encore moins énergique. Le manque de parole, d'une histoire qui tienne un minimum en haleine, ternit un peu l'image du film, magnifique à regarder mais nécessitant un degré de patience assez exigeant. En effet, la vie à la Robinson Crusoé, sans grand chamboulement, sans vrai enjeu, avec peu de personnages (un, puis trois, puis deux), ne passionne guère. On se laisse séduire et captiver par les images et l'animation avec le sentiment d'attendre quelque chose de spécial (la rencontre avec la tortue rouge qui demande 40 minutes, celle du tsunami qui en demande 20 supplémentaires). Ces deux événements redonnent un peu de souffle au film, une raison d'être en dehors de son esthétique qui empêche le film d'être malgré lui trop long. On a envie d'aimer ce film mais un scénario plus épais n'aurait pas été de trop


 La Tortue rouge
Réalisé par : Michael Dudok de Wit
Qui dure : 80 minutes
Dans le genre : Animation
Qui vient de : France, Belgique
Sorti en France le : 29 juin 2016
Produit par : Wild Bunch / Studio Ghibli / Belvision / Arte France
Scénario de : Michael Dudok de Wit
Musique de : Laurent Perez del Mar
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