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jeudi 19 mai 2016

THE JUNGLE BOOK : une adaptation pleine de noirceur, où Favreau dévoile enfin son talent

Afficher l'image d'origineDe quoi ça parle ? : Les aventures de Mowgli, un petit homme élevé dans la jungle par une famille de loups. Mais Mowgli n’est plus le bienvenu dans la jungle depuis que le redoutable tigre Shere Khan, qui porte les cicatrices des hommes, promet d’éliminer celui qu’il considère comme une menace. Poussé à abandonner le seul foyer qu’il ait jamais connu, Mowgli se lance dans un voyage captivant, à la découverte de soi, guidé par son mentor la panthère Bagheera et l’ours Baloo. Sur le chemin, Mowgli rencontre des créatures comme Kaa, un pyton à la voix séduisante et au regard hypnotique et le Roi Louie, qui tente de contraindre Mowgli à lui révéler le secret de la fleur rouge et insaisissable : le feu.

Mais il est bien le film ? : Après tout le bien que j'ai entendu autour de moi à propos de ce film, je me suis, malgré ma réticence de départ, forcé à aller le voir en salle. J'avoue avoir été également surpris, ce qui arrive peu souvent devant les blockbusters de 2016 (X Men et Batman V Superman étant les exceptions, grâce à un retour chaotique qui m'a donné envie de les voir et résultat des courses j'ai été conquis). The Jungle Book est en cela inattendu parce qu'il s'immisce davantage dans la noirceur de l'histoire alors que le film d'animation conservait une certaine légèreté. Cela ne veut bien sûr pas dire que le film ne s'adresse pas aux enfants : le personnage de Baloo fera rire petits et grands, la multitude d'animaux les rassurera, les chansons clés sont présentes et dynamisent le film. Néanmoins, le film parvient à effrayer, à déranger, à faire sursauter. La rencontre de Moogli avec le pyton Kaa est un sommet : la scène envoûte, hypnotise et en même temps terrifie par son image sombre mais surtout la situation qui se déroule à l'écran : Moogli se laisse séduire et emprisonner par le pyton sans s'en rendre compte... 
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Etrangement, l'autre rencontre clé du film, celle avec le roi Louie, fait également froid dans le dos : dans la pénombre, la voix du roi résonne et glace puis il se met à chanter. Le dédoublement de personnalité, l'ambiguïté du personnage s'avèrent fascinants. La bataille finale entre les animaux et Shere Khan entourés de feu et de végétation sonne comme épique mais aussi à forte évocation tragique. Le film montre alors toute son ambition, traduite par la virtuosité de la mise en scène, que je n'attendais pas de la part de Favreau, qui est spécialiste des oeuvres de commande (les Iron Man). Ainsi, la poursuite de Shere Khan et Moogli dans les arbres, survolant les flammes, se révèle grandiose, somptueuse et haletante. La fuite de Moogli, que ce soit sa course dans les champs, sa traversée parmi les buffles, son chemin à travers la forêt, possèdent un véritable souffle, Favreau déployant des trésors de mise en scène pour capter l'attention de son spectateur. Et le résultat fonctionne ! 
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Favreau appuie sur l'aspect de Moogli, étranger parmi les animaux, dressant une thèse sur la différence et l'intolérance, qui porte ses fruits, davantage que dans le dessin animé, plus porté sur l'émerveillement. Ici, la joie ne respire pas dans la jungle. Heureusement, certaines scènes réjouissent comme celle où Moogli part à la pêche au miel, scène stupéfiante et divertissante. La relation entre Bagera et Baloo s'avère croustillante, à coups de critiques ironiques pleines de répartie, comme un vieux couple. The Jungle Book possède de nombreux atouts pour séduire, notamment son visuel, absolument sublime, avec un travail remarquable sur la captation de la lumière dans la jungle. L'aventure s'avère immersive, pleine d'intensité, mais il manque peut être au film une profondeur des personnages, notamment les secondaires, allant de Shere Khan à la meute de loups, tous soit tendres soit mauvais. Ce petit défaut résiste à la volonté de livrer un film moderne, adulte et sombre, notamment lorsque certains animaux ne servent qu'aux running gags. Favreau signe malgré tout son film le plus convaincant et le plus beau aussi, un comble quand on sait que tout a été fait par ordinateur.  


 Le Livre de la jungle
Réalisé par : Jon Favreau
Avec les performances de : Neel Sethi, Ben Kingsley, Bill Murray, Idris Elba, Lupita Nyong'o, Christopher Walken, Scarlett Johansson... 
Qui dure : 106 minutes
Dans le genre : Aventure
Qui vient des : Etats Unis 
Sorti en France le : 13 avril 2016
Studio : Walt Disney
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