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samedi 9 janvier 2016

STAR WARS 7 : un retour gagnant, mystérieux, épique, sublime visuellement, plus subtil aussi

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Daisy RidleyDe quoi ça parle ? : Dans une galaxie lointaine, très lointaine, un nouvel épisode de la saga "Star Wars", 30 ans après les événements du "Retour du Jedi".

Mais il est bien le film ? : S'il y a un film que le monde attendait en cette année 2015, c'est bien le dernier Star Wars. Alors que Mad Max, Mission Impossible et Kingsman ont été les bonnes surprises de l'année rayon blockbuster, la saga de George Lucas (sans George Lucas cette fois-ci) se devait d'être à la hauteur. Le film est à la fois une déception et un éblouissement, un énorme plaisir de cinéma et en même temps laisse un goût de paresse. Analysons, point par point, tout ce qu'on trouve dans ce nouvel opus. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Daisy Ridley, John Boyega
Les personnages de la saga initiale sont tous là : Luke, Leia, Han Solo, Chewbacca, R2D2, C3PO et même le masque de Dark Vador. Le problème du film réside sans doute dans l'emploi de tous ces personnages, déjà connus. Certains servent à la décoration, à rallumer la flamme, parfois utiles, mais souvent trop en retrait pour vraiment cultiver un quelconque intérêt : le pauvre R2 sert encore à délivrer un message, passant tout le film éteint, C3PO apparaît en un éclair pour prouver qu'il n'a pas perdu de sa parole, Luke nous fait un coucou sans dire un mot, même Leia déçoit, toujours aussi ferme certes mais laissée en arrière plan, une fois de plus à l'arrière du front. Si ces personnages sont des arguments surtout commerciaux pour aller voir ce nouvel épisode, ne boudons pas notre plaisir de les retrouver, car ils permettent de s'y retrouver et surtout de saisir une fois encore la magie unique qui émane de la saga. Heureusement, le personnage de Han Solo est plus fouillé, son personnage a un destin déchirant, une psychologie travaillée : toujours aussi drôle et décontracté, le papy tient encore bien les armes mais s'avère surtout un père à la recherche de son fils, d'une rédemption aussi, se sentant coupable du départ de son beau frère et de la déchéance de son fils. Le personnage est beau, tragique aussi, accompagné par ce bon vieux Chewbacca, qui prend plus de place qu'auparavant, et semble gagner en consistance. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Adam Driver
Parmi les petits nouveaux, on ne peut rester que dubitatifs. Si on oublie les noms atroces qu'on leur a donnés, ils tiennent la barre haute. Poe Dameron est un pilote nonchalant, amateur de risque, brave et solidaire. Rey est une jeune fille pleine de rêves, qui s'émerveille plus elle découvre le monde qu'elle n'a pas pu visité malgré elle. Elle tient la dragée haute à Finn (variation du stupide nom de stormtrooper qu'on ne citera pas ici), personnage un peu caricatural, courageux et lâche à la fois, qu'on peine à cerner et qui agace vite. La grande déception vient de Captain Phasma, qui n'apparaît que quelques minutes, histoire de dire deux trois mots. Sans relief, sans utilité aussi, le personnage ne remplit pas les attentes placées en elle. On se rassasie cependant avec trois personnages vraiment intéressants : BB8, aussi adorable que drôle, belle trouvaille du film, au charme burlesque et enfantin à la fois qui fait mouche. Le film lui donne une âme, la rendant plus vivante que R2D2, avec des émotions bien visibles. Il y a ensuite Maz, qui fait office de Maître Yoda sans maîtrisé de la force : elle est de bon conseil, possède une personnalité forte, une ironie bienveillante et un caractère maternel séduisant. Le grand méchant du film, s'il possède une aura impressionnante et fascinante avec son masque, s'il instaure un malaise à chacune de ses présences, se révèle plus humain lorsqu'il l'enlève, dévoilant son vrai visage, ses blessures, ses doutes, ses questionnements. Ce personnage est sans doute le plus subtil, tiraillé entre son devoir et ses émotions, plutôt instable comme lorsqu'il s'énerve après un échec ou qu'il perd tous ses moyens face à son père. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Gwendoline Christie
Si le casting originel livre des prestations honnêtes (mention spéciale à Harrison Ford, bouleversant et amusant à la fois), focalisons nous sur les nouveaux. John Boyega a du mal, au début du film, à trouver le ton et un jeu juste, sans doute perdu dans l'immensité de cette saga, pas encore à l'aise avec son rôle. Mais, petit à petit, il s'imprègne de son personnage et lui donne une certaine dimension. On sent que Daisy Ridley a du mal à pleurer, sans doute habituée à la surenchère du théâtre qui influence son jeu d'une mauvaise manière. Mais néanmoins, elle est pleine d'énergie, séduisante, souvent juste et possède la férocité nécessaire à son rôle. Oscar Isaac est parfait dans le sien : décontracté, toujours sur le fil, adoptant un jeu rude mais sincère. Domnhall Gleeson, en méchant Hux, possède la mesquinerie et la folie dans son jeu, notamment lors d'un discours. On sent la haine dans son regard, dans ses paroles. Adam Driver, qui n'est pas le meilleur choix pour tout le monde, plane au dessus de la mêlée, par son jeu intense, tour à tour fragile, déstabilisé, déstabilisant, enragé ou d'une tristesse touchante. Il embrasse son personnage à merveille. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo
Le film manque, c'est indéniable, de surprise. Il remet en places les pions sur l'échiquier, présente les nouveaux personnages, réintègre les anciens (avec plus ou moins de finesse), traine parfois en longueur dans la présentation des enjeux et la rencontre des personnages. Le film reprend d'ailleurs des idées des précédents opus, en les détournant avec plus ou moins d'habileté : le film se féminise puisque le héros est en fait une héroïne, les personnages féminins occupent davantage de place avec la figure de Maz et la présence de BB8, alter egos de Yoda et R2D2. Cela peut sembler facile de féminiser le film, presque un argument commercial sauf que cela permet à la saga de repartir à zéro, de renouveler son catalogue de femmes fortes (le trio BB8-Maz-Rey), de le complexifier, et de faire souffler un vent frais sur la saga. Certaines idées sont donc déjà vues : les messages gardés par les robots, la nouvelle étoile noire (pardon Star Killer), les dessins toujours aussi noirs des grands méchants (imposer leur joug dans la galaxie). Mais le film réutilise les sujets clés de la saga pour les diversifier : le sujet central du film n'est autre que les liens familiaux, avec une nouvelle génération plus variée que la précédente. La jeune Rey est intrépide, le jeune Finn un mélange de peur et d'espoir, Kylo Ren est shakespearien à souhait. La force des liens familiaux, de l'héritage, de la descendance prend une place énorme dans le film sans le parasiter puisqu'il s'agit du fil conducteur : Rey cherche ses parents, rêve d'eux, Kylo Ren essaie de les renier, Leia cherche à retrouver son frère, Han Solo son fils. Les déceptions des uns coïncident avec celles des autres. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Adam Driver
Les trois personnages principaux sont d'ailleurs en manque de figure parentale : Finn a été enlevé à la naissance pour servir l'empire, Rey a été abandonnée, Kylo Ren a choisi de rompre les liens. Le gros défaut du film s'avère être l'utilisation de la République, une grosse vanne bien camouflée, utile dans les dialogues, dans les enjeux, mais rien d'intéressant à l'écran. En effet, les planètes républicaines se font désintégrées en un rien de temps, si bien qu'on ne pourra même pas y mettre les pieds. Néanmoins, le film aborde plus de front le totalitarisme : l'embrigadement de la jeunesse, avec des nouveaux stormtroopers, la tentation du mal comme échappatoire d'une vie ratée. Le personnage de Kylo Ren rejoint un empire régi par la violence, la haine, l'obsession de la destruction et trouve en Snoke (le grand méchant du film) une figure paternelle, qui le soutient, l'accepte tel qu'il est. On peut faire le rapprochement avec le djihad : ces jeunes paumés, sans repères, tentés par la gloire, prêts à tout pour un leader. La force de frappe de ce nouvel ordre donne lieu à une scène virtuose : la désintégration des planètes de la République, avec un mélange de sons et de musique superbe, un rayon rouge traversant l'espace. Cette scène est suspendue, à l'écran douce, sans bruit inutile, mais au final d'une puissance rare. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Harrison Ford, John Boyega, Peter Mayhew
JJ Abrams remet donc les pendules à l'heure, en signant un film d'aventures stupéfiant, avec des courses poursuites en vaisseau pleines de rythme et de souffle, une histoire qui gagne en ampleur au fur et à mesure que le film avance et révèle ses cartes. Les combats au sabre laser sont maladroits mais reflétant bien que les héros sont encore novices, donc s'avèrent plus réalistes. Le film a son lot de scènes épiques : la scène d'attaque du repère de Maz, la partie sur Star Killer, qui ressemble aux précédents films, l'arrivée des vaisseaux rebelles sur l'eau, la bataille finale. Le réalisateur s'amuse mais n'en oublie pas de signer un grand film de mise en scène, en nous faisant découvrir des nouveaux mondes, certes peu innovants, en augmentant le bestiaire de la saga. Il signe des scènes, les unes après les autres, d'une somptuosité épatante, soigne sa photographie souvent sublime, sait parfaitement jouer avec les angles de vue. Ainsi, les plans sur Jakku sont magnifiques, dégageant une chaleur et un vent frais au même instant. La planète de Maz est plus exotique, plus rafraichissante. Star Killer la nuit s'avère glaciale. Le réalisateur se montre virtuose lorsqu'il filme un combat au sabre laser dans une forêt, avec ces couleurs fluorescentes qui scintillent dans l'obscurité masquée par une neige envahissante. Il s'avère prodigieux pour montrer une étoile qui se désintègre. Sa mise en scène est plus sombre, plus sèche, plus vaste lors de l'affrontement Han Solo-Kylo Ren, épousant avec brio l'atmosphère du lieu, inquiétant, incertain, moderne. 
Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo
En résumé, si le film surprend guère et manque d'innovation, il n'en demeure pas moins un blockbuster au souffle épique indéniable, visuellement merveilleux, prouvant les talents de metteur en scène de JJ Abrams, qui fait ici un travail extraordinaire pour les lumières, les éclairages, les décors, les costumes, les sons, les images, les cadrages. Le film installe une nouvelle intrigue, de nouveaux personnages attachants et pluridimensionnels, et possède la plus grande qualité d'un divertissement à suite. En effet, Abrams prend bien soin de laisser planer le doute sur les identités des personnages, les événements antérieurs. Il alimente un mystère qui, à la sortie de la salle, va grandissant. Effectivement, on quitte le siège avec la folle envie de voir la suite, qui s'annonce plus sombre et qui a tant de secrets à révéler. 



 Star Wars - Le Réveil de la Force
Fiche technique
Réalisé par : JJ Abrams
Avec les performances de : Daisy Ridley, John Boyega, Adam Driver, Harrison Ford, Oscar Isaac, Carrie Fisher, Lupita Nyong'o...
Qui dure : 135 minutes
Dans le genre : Science fiction
Qui vient des : Etats Unis
Sorti en France le : 16 décembre 2015
Studio : Walt Disney
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