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jeudi 17 décembre 2015

DOPE : un film bourré d'énergie et de créativité, aussi drôle que juste sur la jeunesse

De quoi ça parle ? : Malcolm, jeune geek fan de hip-hop des années 90 vit à Inglewood, un quartier chaud de Los Angeles. Avec ses deux amis Diggy et Jibs, ils jonglent entre musique, lycée et entretiens pour entrer à l'université. Une invitation à une soirée underground va entrainer Malcolm dans une aventure qui pourrait bien le faire passer du statut de « geek » à celui de mec cool, un « dope ».

Mais il est bien le film ? : Avec les formidables Selma et Dear White People, le cinéma noir américain semble retrouver des couleurs, redorées par ce fabuleux Dope. Pour son premier film, le réalisateur choisit d'aborder le quotidien de jeunes ados de couleur dans un quartier dangereux des Etats Unis. Le film pose un regard neuf et sans complexe sur la jeunesse marginale, celle dont on ne parle jamais, puisqu'elle ne fait aucun bruit. Pourtant elle existe et Famuyiwa désire la réhabiliter. Il scrute ainsi les déambulations d'un trio déjanté, fan de rap des années 90, laissé de côté par les autres lycéens. Le film raconte beaucoup de choses, avec beaucoup de passion et d'attention. Quand Famuyiwa filme ses trois héros en train de faire de la musique, le film gagne en saveur et en dextérité puisque les trois héros sont convaincus que le rap des années 90 est le meilleur, alors que la ville entière leur dit le contraire. Il y a ensuite l'androgyne Jibs, qui parvient à dégager de belles doses d'humour sur la condition féminine. Jibs est en effet décomplexée, possède une identité forte, à la fois susceptible et provocatrice. 
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Elle tient tête aux garçons, peut être un peu fragiles sur les bords. Leur trio fait des étincelles : le réalisateur explore chacun des recoins de leur relation : ils partagent tout, parfois trop peut être : les emmerdes, les amours, les dérapages, les drogues - ils arrivent, réunis, à surpasser leurs peurs et à ne faire qu'un. Une fois seuls, ils se révèlent également intéressants. En effet, si la fusion des trois donne des scènes jubilatoires, chacun a sa propre raison d'exister. La belle Jibs a une forte personnalité, un culot plutôt bienvenu. Diggy, lui, semble plus marginal, plus inventif, plus étrange. Le héros Malcolm manque clairement de personnalité. Mais le film raconte la naissance d'une identité permise par le côtoiement de divers individus, aux caractères totalement opposés, appartenant à des pôles de la société antagonistes. Ses rencontres sont savoureuses, bien pensées : il y a la magnifique Zoe Kravitz qui croise son chemin, lui brise le coeur comme elle l'anime. Il y a ensuite un hacker complètement barré, nonchalant, parfois dérangeant pour lui-même. Il y a enfin ces voyous, violents mais lâches, incompris et instables. 
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Le film, outra sa belle peinture d'une jeunesse noire loin des clichés et de la redondance, signe un portrait de la violence aux Etats Unis assez original, l'abordant par un angle spécial : la dérision face à des choix extrêmes, des actes extrêmes et un humour involontaire assez jouissif. En effet, le film lorgne vers le gangster movie, avec des règlements de compte qui virent à un déluge d'insultes assez réjouissants. Le réalisateur aborde ce sujet en mettant ses trois héros dans un beau pétrin : ils se retrouvent avec une arme et un paquet de drogue sans l'avoir demandé. Le film regorge alors d'inventivité pour nous montrer comment ils réussissent à s'en débarrasser. Le film possède une sacré ironie, tournant en dérision tous les clichés de la société, les plus sales comme les plus drôles, en sonnant à la porte des gangs comme des familles très puissantes, sans oublier de livrer un éloge de la créativité de la jeunesse, porté par ces trois gamins, poignants aussi bien qu'hilarants. Le film atteint parfois une sacré intensité mais il ne serait rien sans la vitalité de sa mise en scène, l'énergie de ses acteurs et la bande son funkie qui dynamise l'ensemble, en plus de le rendre atypique. Une belle surprise !


 Dope
Fiche technique
Réalisé par : Rick Famuyiwa
Avec les performances de : Shameik Moore, Tony Revelori, Kiersey Clemons, Zoe Kravitz, Rakim Mayers, Blake Anderson...
Qui dure : 103 minutes
Dans le genre : Comédie dramatique
Qui vient des : Etats Unis
Sorti en France le : 4 novembre 2015
Studio : Revolt Films/IamOTHER
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