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mardi 19 mai 2015

LES CRIMES DE SNOWTOWN : un thriller choquant, sourd et pétrifiant sur une famille prise au piège d'un psychopathe

LES CRIMES DE SNOWTOWN (SNOWTOWN)


De quoi ça parle ? : Jamie, 16 ans, vit avec sa mère, dans une banlieue où règne chômage et abus sexuels. Sa vie change lorsque John Bunting débarque dans leurs vies. Charismatique, passionnant, Jamie l’admire comme le père qu’il n’a pas connu. Il mettra du temps à comprendre que son mentor est un tueur en série, le plus dangereux qu’ait connu l’Australie…

Mais il est bien le film ? : Dès la première scène, LES CRIMES DE SNOWTOWN a l'ambition de créer la gêne et le malaise. Dans cette scène inaugurale, on assiste impuissant à un abus sexuel : soit un voisin qui prend en photos trois frères entièrement nus, tous mineurs. Cette libération apparente, cette présumée séance photo et le calme des trois garçons montrent bien que le réalisateur décide d'aborder la monstruosité sans cris, sans bruit, en restant le plus sourd et le moins clair possible. Car cette scène suggère plus qu'elle ne montre. On voit au fur et à mesure la caméra descendre et révéler que les trois garçons sont en fait livrer à un pervers sexuel puisqu'ils sont nus. Cette scène remue, donne d'emblée le ton et surtout prépare à supporter la suite. Car SNOWTOWN se situe dans un environnement hostile, complètement délavé, sans vie, sans joie, sans énergie, avec des habitants tous plus flemmards les uns que les autres, avec des jeunes sans avenir, sans défense, des prédateurs à chaque coin de rue, des personnages tous un peu perturbés. SNOWTOWN n'a pas pour but de vous faire passer un agréable moment mais de vous perturber, de vous frapper par la maîtrise de la mise en scène et la narration lente mais pertinente du film. Le réalisateur tient donc à révéler, petit à petit, la réelle personnalité du nouveau beau père des trois garçons. 
Courtois, attentionné, proche des enfants au début, il devient peu à peu méprisant, dur et cruel par la suite. Cette révélation progressive fait froid dans le dos puisqu'elle n'est pas directe mais qu'on la sent se dérouler. Le réalisateur, de plus, emprisonne cette famille sans défense dans cette banlieue d'où il est difficile de sortir. La maison devient alors une sorte de prison, aux proies du psychopathe qui se cache derrière ses bons actes. Ce climat sourd, presque insoutenable tant ce qui n'est pas montré peut déranger comme choquer, révèle un auteur, un auteur qui en dit peu et en montre peu mais réussit à vous saisir à la gorge et ne plus vous lâcher. Le réalisateur stupéfait lors des messageries téléphoniques écoutées en boucle qui avouent l'identité et le caractère du nouveau père, dans un climat figé et en dehors des codes. La misère économique du quartier a de quoi inquiéter. Surtout que le réalisateur ne montre guère de personnages plutôt attachants ou lumineux. Ils avancent tous dans l'ombre, dans la crainte, dans la folie parfois. Le danger rode partout, même au sein de la même famille. 
Le jeune Jaime se fait violer par son grand frère dans une scène déstabilisante et révoltante, avare en images puisque la scène est filmée dans le fond, presque de manière suggestive mais assez visible pour que l'on comprenne. C'est cet événement qui va briser le jeune homme, obligé de suivre ce psychopathe, qui rend chaque instant du film tendu au plus haut point. Le jeune homme, par reconnaissance mais aussi par honte, devient peu à peu la victime comme le disciple de ce psychopathe. Lucas Pittaway, au regard d'abord innocent et paisible puis au visage dur, frappe le spectateur par notamment sa retenue mais aussi sa façon d'utiliser son corps : ses postures, sa façon de hausser les épaules, de les laisser baissées, de se déshabiller, qui témoignent bien le sentiment de trouble dans lequel son personnage navigue. Si le personnage de la mère et ceux des petits frères semblent un peu délaissés, le film permet de découvrir également un acteur au jeu instinctif et animal : le fantastique Daniel Henshall, inquiétant et doux à la fois. Un choc cinématographique qu'il est difficile de soutenir.  


 Les Crimes de Snowtown
Fiche technique
Réalisé par : Justin Kurzel
Avec les performances de : Lucas Pittaway, Daniel Henshall, Louise Harris, Bob Adriaens, Frank Cwiertniak... 
Qui dure : 115 minutes
Dans le genre : Thriller
Qui vient d' : Australie
Sorti en France le : 28 décembre 2012
Studio : Screen Australia
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