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mercredi 22 avril 2015

CRITIQUE : un film de science fiction ambitieux, aux trouvailles visuelles et esthétiques assez somptueuses, bénéficiant d'un souffle épique qui ne s'égare jamais, d'un univers travaillé et incroyable, malgré des erreurs de casting

JOHN CARTER


De quoi ça parle ? : Tiré du premier livre du « Cycle de Mars » d’Edgar Rice Burroughs, le film raconte le fascinant voyage de John Carter, qui se retrouve inexplicablement transporté sur Barsoom, au cœur d’une guerre mystérieuse entre les habitants de la planète. Parmi tous les êtres étranges qui peuplent cet univers, il fera la connaissance de Tars Tarkas et de la captivante princesse Dejah Thoris. Dans ce monde sur le point de disparaître, Carter va découvrir que la survie de Barsoom et de son peuple est entre ses mains…

Mais il est bien le film ? : Il y a 100 ans, naissait donc John Carter, sous la plume d'Edgar Rice Burroughs. Si ce livre a inspiré toute la culture du 20e et du 21e siècle, il se fait étrange de ne voir arriver une adaptation que maintenant (soit 2012). Tout d'abord, le film paraît catastrophique. Nous présentant John Carter comme un héros de guerre plein de culpabilité (comprenez le il n'a pas réussi à sauver sa femme et son fils), Stanton enfonce trop le clou, surligne la douleur du personnage, qui devient lui-même très agaçant. De plus, on craint le pire vu le degré de charisme de l'acteur principal : Taylor Kitsch. Avec sa coupe alarmante, son regard de chien battu, ses expressions approximatives, son manque d'investissement dans les scènes dramatiques et son manque de finesse dans celles d'action, l'acteur paraît démodé, un héros d'action tout sauf classe, un peu ringard et ridicule, confirmé par le nom stupide qui lui est donné : Virginia. Ainsi, avec un héros manquant de charisme et de nuances, JOHN CARTER démarre très mal. Le problème réside ensuite dans le reste du casting, encore moins inspiré. Lynn Collins, en princesse guerrière mais pacifiste, se débrouille pas mal mais Ciaran Hinds et Dominic West en font des tonnes dans leur rôle respectif. Ils appuient sur les mots comme s'ils s'adressaient à une foule de millions de personnes. 
John Carter : Photo Andrew Stanton, Taylor Kitsch
Ensuite, Mark Strong essaie encore de jouer le méchant mais force est d'avouer qu'il a un peu épuisé ses idées pour ce genre de personnage. Il fait donc du Mark Strong : mesquin, vil, cruel et possédé. Ensuite, on ne peut que déplorer le manque d'originalité du scénario : un héros qui veut retourner sur sa planète natale, mais qui doit sauver une princesse en détresse. Cela rappelle les STAR WARS mais JOHN CARTER ne se débat pas dans la même mêlée. En effet, avec des enjeux trop visibles et pas si innovants, le film manque d'ampleur. De plus, le film ressemble à tout ce qu'on a vu en termes scénaristiques dans le genre de science fiction : princesse débrouillarde mais en détresse, méchant machiavélique, militaire stupide, guerre interstellaire, appât du trône. Le film brasse ces idées sans vraiment les transcender, sans vraiment se distinguer de ses modèles. Cependant, JOHN CARTER possède un atout dans sa poche : son univers. Une fois les bases posées, les enjeux énoncés, on peut se prendre au jeu du film : soit une aventure spatiale dantesque, épique, sublime et pleine de souffle. Dantesque ? Il suffit de voir le travail effectué sur les effets spéciaux notamment lors des batailles pour affirmer cela. Les vaisseaux sont impressionnants, les batailles rondement menées. Epique ? Oui, dans sa dernière partie, le film gagne en ampleur. 
John Carter : photo Andrew Stanton
Les enjeux sont enfin pris en compte et le temps manque au héros. Le film se transforme alors en tragédie grecque avec mariage arrangé, cérémonie somptueuse, combat épique. Le film s'avère ensuite sublime par les détails apportés à son univers. Les décors, même si en numérique, resplendissent de beauté. Le travail sur le sable, sur les plans larges donne de la vie au film mais aussi un aspect solaire et dépouillé d'effets. Ces longues plaines sont majestueuses. Ces êtres immenses et longilignes en imposent comme semblent être la vraie perle du film. Le réalisateur invente une langue bien utilisée, un cadre de vie assez bien détaillé, une morale de vie qui tient la route. Le combat de John Carter avec des monstres géants regorge de splendeur et de souffle épique. Le film, dans son dégré d'aventures, n'a jamais un seul temps mort. Lorsqu'il est poursuivi par des créatures du mal, John Carter les affronte dans une scène laissant penser à MAD MAX. Dans un ton sérieux et grave, John Carter, dans son périple pour trouver le moyen de rentrer chez lui, croise des sublimes étendues d'eau, une fantastique grotte. Le film possède une esthétique qui lui est propre et les moyens de ses ambitions. Car JOHN CARTER est un film très ambitieux, trop peut être, mais qui recèle de trouvailles visuelles inventives et détonantes.  


 John Carter
Fiche technique
Réalisé par : Andrew Stanton
Avec les performances de : Taylor Kitsch, Lynn Collins, Samantha Morton, Willem Dafoe, Dominic West, Mark Strong, Ciaran Hinds... 
Qui dure : 136 minutes
Dans le genre : Science fiction
Qui vient des : Etats Unis
Sorti en France le : 7 mars 2012
Studio : Walt Disney
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