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dimanche 19 avril 2015

CRITIQUE : un épisode certes ludique, classe et efficace, mais aussi insipide, vain, creux, incohérent, aux personnages bâclés

Quantum Of Solace : Photo Daniel Craig, Marc Forster, Olga KurylenkoQUANTUM OF SOLACE



De quoi ça parle ? : Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé... Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d'affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d'une mission qui l'entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l'organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique...

Mais il est bien le film ? : Pourquoi, pour tous les films sortis en 2008, les réalisateurs remettent la faute d'un objet bâclé sur les épaules des scénaristes et de leur grève ? Si elle a bien eu lieu, Marc Foster aurait du trouver une alternative car QUANTUM OF SOLACE s'avère vraiment décevant. Sans doute le James Bond le plus mineur depuis des lustres, ne laissant pas du tout présager le grand film que sera SKYFALL. Le film fourmille de faiblesses en tout genre, qui l'empêchent d'être plus qu'un TAKEN ou qu'un divertissement bien troussé mais sans profondeur. Premièrement, la place des femmes. Ok, Olga Kurylenko a du tempérament, son personnage ne se laisse pas faire, sait se battre. Elle délivre une présence assez magnétique mais, quelques fois, les incohérences sur son personnage fusent : son origine, son accent et surtout sa débrouillardise qui s'envole lors d'un incendie, la reléguant au rang de James Bond girl en détresse.  Que dire du rôle de Gemma Arterton, si ce n'est qu'elle joue la bombe attirant James Bond dans son lit. Censé être en plein deuil, il va quand même tomber sous le charme de la belle rousse, voilà encore une grosse incohérence, surtout que le film se base sur le problème psychologique de Bond, du à la perte de la belle Eva Green dans CASINO ROYALE. Le film se construit autour de la quête vengeresse de Bond, qui devient plus violent, incontrôlable, indiscipliné, tuant presque tout ce qui bouge. On ne lésinera pas sur les effets de la mort de la belle sur Bond, souvent trop appuyés, mais cela aurait pu donner un magnifique film, plus sombre et moins premier degré. 
Quantum Of Solace : Photo Anatole Taubman, Marc Forster, Mathieu Amalric
Pour gérer son deuil, Bond tue tous les méchants qu'il croise pour racheter sa faute. Un peu simpliste. Heureusement que le MI6 souhaite le mettre hors jeu pour éviter des ennuis politiques, donnant des enjeux intéressants mais qui, en fin de compte, n'aboutissent à rien puisqu'ils sont oubliés en cours de route. Mais le film a un problème encore plus sérieux : la figure du méchant, devenu ici un mafieux français, obsédé, auquel Matthieu Amalric prête ses traits. Sauf que la sauce ne prend pas : il n'est pas crédible, parfois même risible. Malgré les nombreuses failles du scénario et ses incohérences, mais aussi la fainéantise des scénaristes, qui ne se sont clairement pas foulés, le film reste un divertissement efficace et impressionnant. On assiste à de belles courses poursuites dans les plus beaux coins de la planète, menées avec un rythme enlevé. Les scènes de baston confèrent, elles, un peu de testostérone aux spectateurs, mais aussi une bonne dose de poings et de force. Le film se fait peu bavard, ou alors les dialogues ne servent à rien, comme peut en témoigner Daniel Craig, qui mise plus sur le physique que sur les mots pour imposer sa version de James Bond. Il n'empêche que le film distille un certain humour, parfois mal exploité, mais possède surtout une classe d'enfer, avec costumes, lunettes, gadgets ultra sophistiqués. Bref, la routine. Le film dure moins de deux heures, ce qui lui permet de ne jamais avoir de temps mort, de toujours maintenir l'attention du spectateur même si QUANTUN OF SOLACE paraît alors vain et trop ludique. 


 Quantum Of Solace
Fiche technique
Réalisé par : Marc Foster
Avec les performances de : Daniel Craig, Matthieu Amalric, Olga Kurylenko, Gemma Arterton, Judi Dench, Giancario Gannini...
Qui dure : 107 minutes
Dans le genre : Action, espionnage
Qui vient des : Etats Unis/Grande Bretagne 
Sorti en France le :31 octobre 2008
Studio : Columbia
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