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mardi 17 mars 2015

CRITIQUE : un film d'action honnête et efficace, où s'illustre un duel convaincant entre le bestial Ewan McGregor et le fragile Brenton Thwaites, malgré de grosses faiblesses scénaristiques et un manque d'originalité conséquent

SON OF A GUN

De quoi ça parle ? : Un film centré sur la relation complexe entre l’ennemi public numéro 1 d’Australie et son protégé.

Mais il est bien le film ? : SON OF A GUN fait penser à des centaines de films. Tout d'abord le film de prison. Le problème, c'est que Avery peine à vraiment nous fasciner avec sa peinture violente de la prison, brassant des personnages sans aucune profondeur, qui ne sont là que pour attester du constat du réalisateur : plus on reste en prison, plus on devient violent. Un constat simple, un peu réducteur, trop peut être même. Ensuite, la plupart des scènes sentent le déjà vu (évasion, braquage, rencontre) et ne servent qu'à mettre en place un drame assez convenu. Cette mise en place est parfois pataude (l'évasion par exemple sonne souvent faux ou télescopée). Il y a aussi un manque de rigueur qui fait qu'on ne se prend pas d'intérêt pour les personnages secondaires. On se perd alors dans les noms. D'ailleurs, le réalisateur traite de manière très inégale les personnages. Il ne donne de l'épaisseur qu'à deux personnages. Le flou du film réside surtout dans le traitement de chaque scène ou de chaque thème. Le réalisateur passe très vite sur la prison, faisant sortir ses héros au bout de trente minutes, sans avoir vraiment détaillé sa vision de la prison, ce qui s'avère dommage. Il manque un oeil affûté, un regard personnel sur les sujets que le film aborde. Les personnages peuvent  sentir le cliché. Le problème majeur : que le réalisateur ait abandonné son thème de la prison pour finir dans une banale affaire d'arnaque et de film mafieux avec braquage et évasion en hélicoptère. 
Bref, le film ne brille guère par son originalité. Il ne se démarque d'ailleurs pas dans sa peinture de la mafia, où sévissent putes, bars, violence et fêtes pleines d'alcool. Avery convoque là encore les clichés du genre pour finalement une histoire banale. Au final, tout le monde s'arnaque, tout le monde se trahit si bien que l'acte de trahison lui-même ne devient plus surprenant. Ensuite, le réalisateur ne sait pas filmer les femmes. Personnages physiques, trop naïfs, exploités, guère intelligents. Sa vision de la femme peut rebuter et surtout dérouter tant elle se montre schématique. Encore un point négatif : le rythme. Voulant traiter tous les domaines du film d'action, Avery se perd dans la cohésion temporelle. Traitant trop un sujet et n'ayant pas assez à dire sur un autre, il se voit obligé de brasser parfois du vent pour remplir les trous. Le film manque de construction, d'un fil qui tienne réellement l'histoire. Passées ces maladresses, on peut quand même prendre son pied. SON OF A GUN reste un film d'action honnête, avec des effets spéciaux, des cascades et des bastons bien filmées. Ensuite, une fois la partie lourdingue du début finie, le film gagne rapidement en efficacité de sorte à ne pas ennuyer son public. 
Le réalisateur fait même parfois preuve d'une personnalité dans la mise en scène, arrivant à user de la luminosité naturelle comme peu de faiseurs avant lui. Les rayons de soleil et les lumières artificielles de la nuit, le réalisateur les connaît et les utilise toujours dans un bon objectif. Ensuite, la préparation du héros reste le passage le plus convaincant car le plus innovant du film. Entre hésitation, maladresse, le petit jeunot a du mal à devenir l'homme que son mentor souhaite qu'il soit; C'est justement cette déception qui fait avancer le film. La filiation aussi, avec de belles réflexions que le réalisateur exclue peut être trop vite. Les personnages se déçoivent les uns les autres, ont aussi peur de décevoir ceux qu'ils n'ont pas encore déçu. Si la vision de la femme est bien maigre, le réalisateur parvient quand même à filmer un duel assez saisissant entre le bestial et rude Ewan McGregor, au jeu instinctif qu'on ne lui connaissait pas et le jeune Brenton Thwaites, plus inspiré que d'habitude et parvenant habilement à retransmettre le désarroi et le doute de son personnage au regard fougueux comme innocent; Ce duel se termine dans une baston à bord d'un bateau assez joliment filmée. En fin de compte, derrière de grosses faiblesses scénaristiques, SON OF A GUN gagne en personnalité au film du film, en efficacité aussi, et est l'occasion d'assister à un duel intense et ambigu entre deux acteurs qui mérite le coup d'oeil. 



 Son of a Gun
Fiche technique
Réalisateur : Julius Avery
Interprètes : Brenton Thwaites, Ewan McGregor, Alicia Vikander, Matt Nable, Damon Herriman, Jacek Koman... 
Durée du film : 110 minutes
Genre du film : Action
Pays de production : Australie
Distributeur : Media House
Sortie française : inconnue à ce jour
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