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dimanche 29 mars 2015

CRITIQUE : Blomkamp fait une entrée fracassante dans le monde de la SF avec un projet réaliste, brillant, sur la transformation saisissante d'un homme en alien

District 9 : Photo Sharlto CopleyDISTRICT 9



De quoi ça parle ? : Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...
 District 9 : Photo Sharlto Copley
Mais il est bien le film ? : Avec ce film, Neill Blomkamp est devenu le grand espoir de la science fiction. Après cela, il a signé deux films de SF prometteurs mais à l'arrivée en deçà des attentes (CHAPPIE, ELYSIUM). Ce qui saute aux yeux dès les premières secondes, c'est cette volonté de Blomkamp de filmer comme un documentaire. Le réalisateur veut faire croire au spectateur que ce qui se déroule sous ses yeux est bien réel. L'aspect documentaire donne d'emblée l'ambition du réalisateur : rester près du réel, introduire le fantasme dans la réalité et faire croire à l'impossible. Cette caméra à l'épaule, qui filme d'abord les jours banals de travail du héros, s'immisce dans sa vie pour ne plus le quitter. Sharlto Copley devient alors une figure qui reste en tête, un être étrange plus qu'un être humain, devient d'ailleurs peu à peu hybride, entre l'humain et l'extraterrestre. Il y a cette vision propre à Blomkamp sur la transformation qui frappe fort. A travers le regard déphasé, déstabilisé, craintif et en même temps colérique de Copley, le réalisateur réussit à suivre un véritable anti héros, qui comprend que, une fois devenu spécial, ses seuls alliés demeureront ses ennemis d'autrefois. Cette peur de la différence est montrée de manière subtile. Les aliens ne provoquent pas de peur ni de chasse intense. Au contraire, il faut qu'un humain change de la normalité, ait des caractéristiques méconnues pour que les autorités s'inquiètent. le film se base donc sur un paradoxe ironique : les aliens sont maintenant acceptés alors qu'un homme malade est fiché comme dangereux. 
District 9 : Photo Sharlto Copley
L'aspect documentaire du début, qui filme l'arrivée des aliens sur Terre comme dans un magazine télévisé, avec témoignages, apporte beaucoup au réalisme du film, qui paraît vraiment vrai. La force du film réside dans ça. Blomkamp réussit à nous faire en son histoire alors qu'elle est tout à fait fantaisiste. Il cultive et nourrit son univers en décrivant de manière détaillée et pointue le mode de vie des aliens dans un environnement hostile, moqueur et étranger. Le film fait référence aux taudis, aux conditions de vie déplorables des habitants d'Afrique du Sud à travers les aliens. Un beau raisonnement par analogie, qui fait réfléchir. La violence règne dans bidonvilles aliens, le trafic d'armes y occupe une large place. La survie est le seul instinct à suivre. Le héros en fera les frais, devra libérer l'animosité, l'inhumanité qui sommeille en lui. Au fur et à mesure qu'il se transforme, son état change. Cette progression s'avère phénoménale et saisissante. De plus, le jeu organique et désespéré de Copley regorge d'inventivité. Ce film de SF est original dans sa vision désespérée de l'Afrique, son propos sur la différence et l'hypocrisie, son format documentaire partageant les aspects scientifiques et irréalistes dans un mélange tout sauf indigeste, dont la sauce prend et nous emmène dans un délire scientifique fascinant et pas dénué d'émotion, émotion qui surgit étrangement des aliens, au final les plus humains et les moins cruels. 


 District 9
Fiche technique
Réalisé par : Neill Blomkamp
Avec les performances de : Sharlto Copley, Jason Cope, Nathalie Bolt, William Allen Yong, Robert Hobbs, Kenneth Nkosi... 
Qui dure : 110 minutes
Dans le genre : Science fiction
Qui vient des : Etats Unis et Afrique du Sud
Sorti en France le : 16 septembre 2009
Distribué par : Metropolitan FilmExport
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