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vendredi 6 février 2015

CRITIQUE : une merveilleuse histoire d'amour

Une merveilleuse histoire du temps : Photo Eddie Redmayne, Felicity JonesTHE THEORY OF EVERYTHING

De quoi ça parle ? : 1963, en Angleterre, Stephen, brillant étudiant en Cosmologie à l’Université de Cambridge, entend bien donner une réponse simple et efficace au mystère de la création de l’univers. De nouveaux horizons s’ouvrent quand il tombe amoureux d’une étudiante en art, Jane Wilde. Mais le jeune homme, alors dans la fleur de l’âge, se heurte à un diagnostic implacable : une dystrophie neuromusculaire plus connue sous le nom de maladie de Charcot va s’attaquer à ses membres, sa motricité, et son élocution, et finira par le tuer en l’espace de deux ans. Grâce à l’amour indéfectible, le courage et la résolution de Jane, qu’il épouse contre toute attente, ils entament tous les deux un nouveau combat afin de repousser l’inéluctable. Jane l’encourage à terminer son doctorat, et alors qu’ils commencent une vie de famille, Stephen, doctorat en poche va s’attaquer aux recherches sur ce qu’il a de plus précieux : le temps. 

Mais il est bien le film ? : Il y a de ces histoires d'amour au cinéma qui vous hantent longtemps, qui vous laissent une trace indélébile, qui fera partie de vous. THE THEORY OF EVERYTHING fait partie de ces films romantiques là. Le réalisateur s'intéresse donc au génie Stephen Hawking. Alors oui, comme dans nombre de biopics, le film peut céder à un certain académisme, par le déroulement un peu linéaire des événements ou l'appui sur chaque moment important de la vie du grand homme (rencontre, maladie, mariage, tromperie, divorce, réconciliation...), mais James Marsh séduit de différentes manières. Son film se perçoit comme un conte. Il nous conte une histoire, avec des doigts de fée qui viennent magnifier chaque petit détail. Le réalisateur se penche aussi sur la moindre précision, qui a son importance dans ce biopic. Le réalisateur défile ses scènes avec un lyrisme assez évident et somme tout épatant. Ce lyrisme, on le ressent dans les dialogues, dans les regards, dans la mise en scène aussi, qui se concentre sur ce couple, toujours au centre de l'image. A travers les passages dans la nature, la forêt avoisinant la maison des parents de Hawking, le jardin ou encore la danse sublime au bord de l'eau où l'on croit remonter le temps, le réalisateur donne un élan romantique à son film, que peu atteignent au final. 
Une merveilleuse histoire du temps : Photo Eddie Redmayne, Felicity Jones
Ensuite, il se montre fin. En effet, il décrit un art (celui de la cosmologie) avec le recul nécessaire, rendant cet art intouchable, indescriptible, mystérieux et élitiste. Il donne des indices, fait semblant de nous expliquer certaines relations chimiques mais il saisit son but de pied ferme : laisser le spectateur rêver, rester à distance et en même temps rester ignorant pour que cet art devienne un fantasme plus qu'une science. La vie étudiante à Oxford est peu décrite, balayée assez vite pour se concentrer sur l'essentiel : une histoire d'amour. Et quelle histoire d'amour ! Le réalisateur compose une merveilleuse histoire d'amour. Une histoire de courage : celui du héros, qui essaie de se faire aimer, d'apparaître normal et de combattre sa maladie malgré tous les obstacles qu'il rencontre et celui de sa femme, qui reste avec son époux malade, surmonte ses pulsions et le soutient malgré lui. Le film peint deux figures assez majestueuses, deux personnalités bien distinctes : un scientifique plein d'ego qui n'aime pas les échecs, une jeune artiste pleine de vie et d'envies. 
Une merveilleuse histoire du temps : Photo Eddie Redmayne
Il montre ainsi une histoire d'amour indestructible, indéchiffrable aussi, entre absence de honte, soutien mutuel, compassion et regards doux. Les enfants tiennent aussi une belle place : la scène de la montée des escaliers reste en mémoire. Le film entre aussi dans un domaine tragique au moment où les deux époux se déchirent. En effet, après avoir montré avec élégance, richesse et respect une histoire d'amour fascinante dans la force de ses deux membres contre la maladie, le réalisateur cherche à montrer les faiblesses des deux époux : l'un, arrive à se faire comprendre par une autre femme, avec qui il s'entend bien et l'autre a des envies d'ailleurs lorsqu'elle rencontre un jeune homme non malade qui se révèle gentil envers elle. Les deux époux sont tentés de voir ailleurs, leur déchirement retentit comme une secousse assez brutale, venant sonner un retournement de situation qui émeut le spectateur, si attaché aux deux héros. Cette histoire d'amour poignante repose sur deux interprètes : Felicity Jones en femme modèle, courage, qui insuffle de la mélancolie et de la sobriété nécessaires au rôle tandis qu'Eddie Redmayne, en dehors de la transformation physique, arrive à avoir ce degré de naïveté et en même temps une vraie subtilité qui font de lui le plus bel espoir du cinéma anglais. Une magnifique histoire d'amour, la plus marquante depuis des lustres, la mieux écrite et aussi la plus maîtrisée. 


 Une merveilleuse histoire du temps
Fiche technique
Réalisé par : James Marsh
Avec les performances de : Eddie Redmayne (Stephen Hawking), Felicity Jones (Jane Hawking), David Thewlis (Dennis Sicama), Charlie Cox (Jonathan Jones), Alice Orr Erwing (Diana King)...
Qui dure : 121 minutes
Dans le genre : Drame, biopic
Qui vient du : Royaume Uni
Sorti en France le : 21 janvier 2014
Produit par : Working Title Films
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