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samedi 7 février 2015

CRITIQUE : une chronique adolescente où brille la nature et la mise en scène d'un auteur, noués autour d'un scénario qui se perd dans un produit trop scolaire

La Belle vie : PhotoLA BELLE VIE

De quoi ça parle ? : Yves vit dans la clandestinité avec ses fils, Sylvain et Pierre. Il y a dix ans, il les a soustraits à leur mère à la suite d'une décision de justice. Mais les garçons grandissent et la cavale sans fin les prive de leurs rêves d'adolescents. Caché sur une île de la Loire, Sylvain, le cadet, rencontre Gilda : premiers regards, premier amour et première étape sur le chemin de la belle vie, la sienne.

Mais il est bien le film ? : La campagne, les cours d'eau, la nature. Que ce film fait souffler un vent frais sur la comédie dramatique française ! Tout d'abord, le réalisateur - dont c'est le premier film - capte avec facilité la nature, la rend vivante grâce aux jeux sur le souffle du vent, qu'il admire souvent avec sa caméra ou encore le mouvement de l'eau, impossible à stopper, avec une note tragique sur les bords. Ensuite, ces longues forêts n'en finissent pas, on y trouve refuge autant que les héros. Ces forêts à la fois accueillantes et effrayantes rendent le voyage plus agréable, avec une bouffée d'oxygène en cours de route. Toute cette verdure saute aux yeux, illumine grâce à des cadrages privilégiant le sol aux personnages ou encore au jeu des lumières du réalisateur. Ensuite, le réalisateur filme avec maîtrise la vie sauvage, la vie fugitive. Toujours sur le qui-vive, sur la défensive, les héros passent de la peur, l'angoisse à l'adrénaline qui les pousse à se dépasser ou à affronter le danger. Dans un monde où dire son nom est dangereux et a des conséquences assez importantes, le réalisateur peint donc une fuite en avant : celle d'un homme et de ses fils fuyant la société de consommation et la mère. Alors, oui, le film a un aspect organique, solennel et naturel qui fait un bien fou. On gambade avec les héros dans ces forêts et ces champs d'autant plus que les personnages s'avèrent attachants : les jeunes s'identifieront au héros, interprété par un Zacharie Chasseriaud convaincant et adorable, qui est confronté à des doutes : suivre son père ou rejoindre son premier amour. Le choix est difficile. Le réalisateur appuie dessus, peut être trop dans la première partie, avec une opposition un peu facile et simpliste de la nuit pour la ville et le jour pour la campagne. Cette opposition un peu réductrice est une faille parmi tant d'autres dans ce premier film. 
La Belle vie : Photo
Le doute du héros est compréhensible mais devient parfois lassant, un peu répétitif. On espère qu'il va trancher au plus vite. Le personnage du père a du mal à exister malgré l'interprétation douce de Nicolas Bouchaud. Solène Rigot, quant à elle, apporte sensualité et complexité à un personnage toujours distant, s'offrant parfois mais restant pleine de sobriété et d'humilité. Le problème du film tient dans son objectif : que veut nous montrer le réalisateur ? Que la vie sauvage c'est beau et édifiant ? Alors il aurait fallu éviter de rendre les séquences dans la ville plus propices à l'ouverture d'esprit du héros, à son éducation et à sa maturité : on grandit en ville, on reste prisonnier de l'enfance en campagne. Cette métaphore vient contredire le point de départ du film. Le réalisateur s'emmêle les pinceaux, a du mal à finir son histoire, à trancher dans le vif du sujet comme les décisions de ses personnages. Il manque aussi une musique qui guiderait le film. Le film, malgré son naturel et son honnêteté évidents manque d'ambition - surtout quand on a vu VIE SAUVAGE, beaucoup plus abouti et touchant. Là, on a l'impression de voir une balade sympathique, mais sans plus, où brille la merveilleuse scène où le héros poursuit son caleçon qui dérive dans le lac jusqu'à rencontrer son premier amour. Là, il y a du lyrisme, du romantique et surtout une idée de mise en scène et de scénario culotté, dans un film trop scolaire et pas assez énervé. 


 La Belle vie
Fiche technique
Réalisé par : Jean Denizot
Avec les performances de : Zacharie Chasseriaud (Sylvain), Solène Rigot, Nicolas Bouchaud, Jules Pelissier, Maya Sansa, jean Philippe Ecoffey...
Qui dure : 93 minutes
Dans le genre : Comédie dramatique
Qui vient de : France
Sorti en France le : 9 avril 2014
Produit par : Mezzanine Films
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