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vendredi 2 janvier 2015

CRITIQUE : Annabelle ou la plus grosse daube du genre : tout sauf effrayant, tout sauf surprenant, tout sauf inventif, juste sauvé par sa poupée hypnotique et des acteurs pas si honteux que ça

Annabelle : Photo Tony AmendolaANNABELLE

De quoi ça parle ? : John Form est certain d'avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme Mia, qui attend un enfant. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d'un blanc immaculé. Mais Mia, d'abord ravie par son cadeau, va vite déchanter.
Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle…

Mais il est bien le film ? : Après tout le bruit qu'il a fait dans les médias, il était grand temps de voir ce que valait cet ANNABELLE, film d'horreur désormais culte (combats dans les salles, crises d'épilepsie, pulsions dévoilées dans le noir). Et bien pas grand chose en fait. Le film a la bonne idée de développer le couple central. Une femme enceinte, qui attend donc un enfant, restant souvent seule à la maison vu que son époux travaille tard le soir. Si les personnages ont une psychologie peu développée, le film capte les traumas de la grossesse et surtout de la parentalité - comment protéger son enfant contre les nombreux dangers - sans trop de maladresses. Ensuite, Leonetti a embauché deux interprètes inconnus. Leur prestation n'a rien de grandiose mais les deux acteurs se montrent tout de même solides, loin du cabotinage de ce genre de films. Car ANNABELLE cherche à être plus qu'un simple film d'horreur, il souhaite être un modèle du genre. Ainsi, on suit longtemps les mésaventures de cette famille, leur relation avec l'église, avec leur voisinage. Le réalisateur parvient vraiment à créer une atmosphère. Il essaie de faire un film sérieux, loin du déluge d'hémoglobine et des cris en tout genre. Il y arrive, jusqu'à un certain point. Si le film insiste sur deux personnages mystérieux, complexes et pas évidents à cerner - que sont la libraire Evelyn et le prêtre Perez - il lui manque quelque chose. D'accord, le réalisateur prouve une certaine aptitude à créer une ambiance, notamment dans les répétitions angoissantes de scènes plus que calmes où un petit détail change l'atmosphère. 
Annabelle : Photo Ward Horton
Mais le film manque de fond. En effet, à vouloir être trop bavard et non basé sur les sensations, il se perd dans un discours mi-religieux et mi-fantastique. La frontière entre le satanisme et l'épouvante est fragile. Le prêtre parle de démon, on assiste surtout à une sombre affaire de possession de corps et d'esprit. Le film repose donc sur la figure de cette poupée, vraiment flippante, si bien qu'on se demande comment des parents ont pu avoir l'idée de l'accrocher dans la chambre de leur enfant. C'est la réussite du film, avec son sourire narquois et machiavélique, ses yeux terrorisants, ses cheveux trop bien brossés. Mais ensuite, rien de bien neuf dans le domaine de l'horreur. Le film s'avère privé de tout suspense. On sent arriver les scènes à deux kilomètres. Celle du sous-sol par exemple. On attend des heures qu'un démon surgisse et, quand il surgit, on n'est pas du tout surpris après trop d'attente. Evidemment, l'ascenseur ne se ferme pas, ne veut pas remonter. Mais nous le montrer à quatre reprises n'était pas nécessaire. ANNABELLE ne brille donc pas par son originalité, n'étant jamais surprenant. Pire, le film n'arrive pas à solliciter notre peur. Un démon tant attendu n'a rien d'effrayant. 
Annabelle : Photo Annabelle Wallis, Ward Horton
Tout semble prémâché, déjà vu. Le film devient poussif, avec le couple satanique qu'on voit arriver longtemps à l'avance. La chaise qui grince, le disque qui se rallume tout seul, la poupée qui les suit où ils vont. Tous ces ingrédients, propres au genre, ne font qu'affirmer ce qu'on ne sait que déjà trop : ANNABELLE conjugue tous les poncifs du genre pour livrer une sorte de somme horrifique tout sauf inventive. Parfois, le film frise même le grotesque - lorsque le prêtre n'arrive pas à entrer dans l'église car, comprenez-le, la poupée est possédée par le démon - et on se demande comment le réalisateur peut oser des trucs pareils. Le suicide de la libraire final se révèle insignifiant et tout sauf choquant car on s'y attendait tellement. Bref, le film a tort sur beaucoup de fronts et n'arrive pas à relier les bouts. Si les interprètes n'ont rien de honteux, le film n'arrive pas à faire peur, on a l'impression d'avoir affaire à une daube monumentale, tout sauf effrayante, donnant envie de vomir devant la laideur des démons ou le manque d'investissement du réalisateur pour livrer un produit fini, valable et vraiment flippant. ANNABELLE manque donc de conviction, de cohésion, de volonté et de talent par la même occasion. 


 Annabelle
Fiche technique
Réalisé par : John R Leonetti
Avec les performances de : Annabelle Wallis (Mia), Ward Horton (John), Alfre Woodard (Evelyn), Eric Ladin (détective), Tony Amendola (Père Perez)...
Qui dure : 1h34
Dans le genre : Epouvante, horreur
Qui vient des : Etats Unis
Sorti en France le : 8 octobre 2014
Distribué par : Warner Bros
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