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mercredi 16 avril 2014

CARNET CRITIQUES : un film audacieux, avec de bons interprètes mais un traitement un peu lourd, un amassé de clichés, un ennui profond faute d'une histoire un peu légère

Don Jon : Photo Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson
DON JON

De quoi ça parle ? : Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…

Mais il est bien le film ? : Joseph Gordon Levitt a joué dans de grands films depuis quelques temps. Que ce soit la comédie revigorante, fraîche, drôle et sublime 50/50, le film futuriste LOOPER, la comédie romantique 500 JOURS ENSEMBLE ou encore le dernier BATMAN (où il jouait Robin), Levitt était partout, dans des genres bien différents. Aujourd'hui, il passe à la réalisation et, pour la première fois, cela fait un peu mal. DON JON est un projet audacieux car traiter de l'addiction aux sites pornos s'avère plutôt inédit. Il a fallu du courage au jeune réalisateur pour sortir son film qui a, d'ailleurs, fait un flop monumental. DON JON est surtout un film plein d'audace et de volonté. La volonté de montrer cette addiction hors normes, qui rend presque dépendant malgré l'être aimé, de montrer les dégâts mais aussi le quotidien de ces personnes fans de pornos. Levitt n'évite cependant pas la surenchère. En effet, lorsque son héros visite des sites pornos, cela prend bien un tiers du film et ce n'est pas vraiment cinématographique, filmé avec faiblesse et peu de spontanéité. Ok, le corps de Levitt est parfait mais les scènes de sexe ne sont pas stylisées, ni même poétiques. Au final, si l'exercice s'avère un peu vain, le film ne choque point mais lasse vite.

En effet, en étudiant peut être de manière un peu lourde et fade l'addiction au porno, Levitt en oublie son scénario. Il faut le dire, il ne se passe pas grand chose et la fin du film s'avère vraiment ratée et surtout illogique. Julianne Moore n'a rien d'un sex symbol. Ensuite, en dehors de grosses faiblesses scénaristiques et d'un traitement un peu bâclé, Levitt n'évite pas les clichés : la fille un peu pute avec le bodybuilder. On le sentait à dix kilomètres. Les personnages, s'ils sont bien travaillés, ne charment pas le spectateur, on ne s'attache pas une seconde à eux, ils sont un peu insupportables. De plus, si vous voyez le film en VF, les voix des personnages feront tout pour vous agacer. Cependant, tout n'est pas à jeter dans ce premier film. Il fait le portrait de trentenaires un peu accros au sexe, pas bien dans leur travail, qui peinent à s'intéresser à leurs études, qui vivent de petits boulots. C'est un assez bon portrait, intelligent et implicite car sous le sujet du porno, Levitt aborde des thèmes solides comme la naissance d'un amour ou encore le poids de la famille. Ce côté là du film est plutôt réussi et les deux acteurs principaux, Levitt himself et Scarlett Johannsson sont magnifiques et interprètent avec conviction leur personnage. On remarque aussi Brie Larson, mutique et effacée certes, mais au talent indéniable et modeste. Au final, Levitt a pris un sujet audacieux, l'a un peu mal traité, perturbe le spectateur, le met mal à l'aise, manque de choses à raconter mais les acteurs et les sujets secondaires sauvent le film. 

 Don Jon
Un film de Joseph Gordon Levitt
Avec comme interprètes Joseph Gordon Levitt, Scarlett Johannsson, Julianne Moore, Rob Brown, Tony Danza, Glenne Headly, Brie Larson...
Durée du film 1h30
Genre du film Comédie romantique
Nationalité américaine
Distribué par Mars
Sorti en France le 25 Décembre 2013
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